Quelle est la différence entre cohabitation légale et mariage ?

Quels sont les effets du fait de vivre ensemble ?

Prenons le cas de la succession : en cas de décès antérieur de l’un des partenaires, la loi stipule que le colocataire survivant de facto ne reçoit rien. Pour que le partenaire décédé puisse laisser quelque chose valablement à l’autre, il doit donc avoir préalablement rédigé un testament à cet effet. En outre, l’absence d’une prestation successorale sans testament aura pour conséquence que le colocataire survivant sera privé de son logement s’il appartenait entièrement à son partenaire. Il serait donc « expulsé » de chez lui au profit des héritiers légaux de son colocataire.

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Dans l’hypothèse où un testament bénéficierait au partenaire survivant, les legs doivent toujours être soumis à l’impôt sur les successions. Ainsi, les tarifs applicables à un colocataire de fait sont ceux que l’on appelle la catégorie « tous les autres personnes » , qui peuvent se situer entre 40 et 80 % à Bruxelles, entre 25 et 55 % en Flandre et entre 30 et 80 % en Wallonie.

Il est à noter que les colocataires de fait de la région flamande bénéficient des mêmes taux d’impôt sur les successions que les colocataires légaux, à condition qu’ils prouvent qu’ils vivent ensemble depuis au moins un an. S’ils prouvent qu’ils vivent ensemble depuis au moins 3 ans, ils bénéficient d’une exonération des droits de succession pour la part du domicile familial qu’ils reçoivent de la succession de leur partenaire.

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Les avantages de la cohabitation légale :

Le fait de vivre ensemble légalement présente de nombreux avantages, car il s’agit d’un système entre la cohabitation factuelle et le mariage. Il convient de noter, avant tout, que les colocataires légaux s’engagent les uns envers les autres en raison de certaines obligations (protection du logement, contribution à dépenses, etc.), tout en maintenant une certaine séparation entre eux, notamment en termes d’actifs. En outre, du point de vue de l’héritage, certains droits préférentiels présentent l’avantage.

Tout d’abord, en cas de décès antérieur de l’un des partenaires, le survivant hérite de l’usufruit de l’appartement, ainsi que du mobilier (précisons ici qu’il ne s’agit pas d’un droit de réservation, contrairement à ce qui est prévu dans le cas d’un mariage). Au-delà de cette cession légale, un testament peut bien entendu bénéficier encore plus au colocataire.

En ce qui concerne les droits de succession, l’éventuel droit de propriété que le survivant reçoit dans l’immeuble qui lui a servi de résidence principale pendant au moins 5 ans avant le décès de son colocataire légal est exonéré de droits de succession. Enfin, toujours terminé De ces droits, un colocataire légal peut valablement bénéficier des tarifs dits « ligne directe » qui vont de 3 à 30 % à Bruxelles et en Wallonie et entre 3 et 27 % en Flandre.

La coexistence juridique trouve donc toute sa signification ici, car elle assure à la fois la protection du partenaire survivant et une économie d’impôt sur les successions. Cela ne va pas sans certaines formalités et obligations, mais celles-ci sont plus petites que le mariage. La cohabitation légale est alors une solution adaptée pour les couples qui souhaitent se protéger mutuellement des imprévus et emprunter une voie différente du mariage.

Charles Gérard — Avocat et fiscaliste chez Paretosa

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